Dictionnaire d’artillerie bilingue français-anglais / anglais-français


M. Jean-Claude LALLOIRE, ancien de l’ISUP (Promotion 67), a le plaisir de vous annoncer la sortie de en librairie de son dictionnaire d’Artillerie bilingue français-anglais / anglais-français.

L’ensemble de ces ouvrages est préfacé par le Général d’Armée François LECOINTRE, Chef d’Etat-Major des armées :

L’artillerie apparaît pour la première fois sur un champ de bataille lors de la défaite française de Crécy, en 1346. Elle va progressivement s’imposer pour devenir une arme décisive à partir de la bataille de Castillon, en 1453. Dès lors, les évolutions techniques vont s’accélérer pour améliorer la nature et la taille du boulet, contrôler sa trajectoire, maîtriser son emploi et assurer la victoire. Véritable révolution dans l’art de la guerre, l’emploi du canon modifie également et en profondeur les codes : les hommes de guerre doivent devenir des hommes instruits et cultivés pour maîtriser la mise en œuvre d’une arme scientifique, ce que favorise la Renaissance. Par ailleurs, les convenances du combat au corps à corps sont brisées et à l’héroïsme du chevalier succèdent de nouvelles valeurs militaires pour tenir sous le feu des batteries, avant de recevoir l’ordre d’attaquer. Il faut alors développer cohésion et obéissance. Enfin, l’artillerie renforce la place de l’Etat centralisé car lui seul a les moyens de s’offrir et d’entretenir une artillerie moderne. Avec Louis XIV, elle devient même l’ultima ratio regum, le dernier argument des rois.

Devenue une arme permettant d’emporter la décision, l’artillerie s’impose comme une science exigeante et appelle un ajustement constant de son emploi et de ses performances pour conserver l’ascendant sur l’adversaire. En 1630, la réforme du roi de Suède Gustave-Adolphe renvoie au Moyen Âge toutes les artilleries de son temps en créant un système mobile et léger, privilégiant la quantité et la manœuvrabilité. Surnommé le « père de la guerre moderne », son enseignement connaîtra son apogée avec Napoléon Bonaparte.

En effet, l’Empereur est un héritier de la pensée des théoriciens militaires du XVIIIe siècle, et va appliquer avec génie les principes dégagés quelques décennies avant lui, en particulier ceux de l’artillerie, à qui il demande de délivrer – « au bon endroit, au bon moment », surprise oblige – des feux roulant pour écraser la résilience ennemie. Lui-même artilleur, ses victoires apparaissent aujourd’hui encore comme des chefs d’œuvre de l’art guerrier.

Enfin le XXe siècle, à travers les deux conflits mondiaux, illustrera la puissance de l’artillerie dans des proportions inégalées jusque-là dans la conduite de la guerre. Il vit surtout une généralisation de son emploi dans les crises et conflits et sa déclinaison dans de nouveaux champs avec l’artillerie guidée.

Ainsi, retracer l’histoire de l’artillerie revient à pénétrer dans la bataille, ses récits et précis, mais aussi dans les dispositifs de production et l’impact du progrès technique. On y découvre son poids crescendo dans la conduite de la guerre, son rapport à la science, sa portée dans la conduite de la politique des Etats. On en déduit aisément que les monographies et les études transverses sur l’artillerie donnent des clés d’analyse du fait militaire, donc de la vie des Etats.

Le Lieutenant-colonel (H) Jean-Claude LALOIRE, en publiant cette série de dictionnaires franco-britanniques dédiés à l’artillerie, met à la disposition du plus grand nombre un outil universitaire de référence pour faciliter l’accès aux études en langue anglaise. Reconnu pour son travail méticuleux, ses talents de linguiste et son expérience au service des armées, il permet aujourd’hui de saisir la moindre nuance dans les travaux de recherche comme dans les lectures passionnées, en langue anglaise, des ouvrages ayant trait à l’artillerie. Qu’il soit vivement remercié pour son expertise partagée et son dévouement inconditionnel.

Général d’armée François Lecointre Chef d’état-major des armées